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On ira : la rencontre incroyable entre Lujipeka et Cerrone

Album Montagnes Russes de Lujipeka

Le 5 novembre 2021 sortait le premier album solo de Lujipeka : Montagnes Russes. J’ai décidé de faire un petit focus et d’écrire quelques lignes sur un morceau bien précis : On ira.

Après vous avoir parlé du passé avec des papiers sur Good Charlotte (The River) ou encore Nevada Tan, il est l’heure de se concentrer sur la musique actuelle, à l’instar du Top 5 des projets de Rap Français sortis cet été ! Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de Lujipeka. Si dans un premier temps, je m’étais dirigé vers une critique de son premier album Montagnes Russes (papier qui pourra peut-être et quand même arriver un jour sur Swtch), j’ai au final préféré vous parler d’un seul morceau, le titre On ira.

lujipeka en quelques lignes

Avant toute autre chose,  laissez-moi présenter Lujipeka à ceux qui ne le connaitraient pas. De son vrai nom Lucas Taupin, il est un des membres fondateurs du collectif / groupe Columbine, qui a sorti trois albums entre 2016 et 2018, provoquant également un petit raz de marée sur la scène rap française, n’en déplaise à certains. Suite à la séparation du groupe en 2019, Luji a décidé de se lancer en solo en proposant deux projets en 2020 : L.U.J.I et P.E.K.A, lui permettant donc de faire ses premières armes de son côté, en continuant néanmoins de travailler avec des personnes avec qui il travaillait depuis longtemps sous Columbine, et en invitant également ses potes sur le très bon son Lâche-moi la main :

Un an et demi après la sortie de ce premier projet, il est l’heure pour Lujipeka de sortir son premier album en solo : Montagnes Russes. S’il s’est certes entouré de personnes de confiance dans l’ombre, ce projet de 16 sons ne contient aucun featuring au chant. Néanmoins, un autre nom apparait sur la tracklist : celui de Cerrone.

Cerrone en quelques lignes

S’il y avait quand même de grandes chances que le nom de Lujipeka vous soit familier, celui de Cerrone risque d’être plus confidentiel pour le très grand public. S’il est impossible de résumer la carrière de Marc Cerrone en quelques lignes, il vous faut en tous cas savoir que c’est un musicien et compositeur français de génie, considéré comme un des piliers de la Disco ou encore fier représentant de la French Touch. Ce monstre de la musique électronique va sur ses 70 ans et comme vous pouvez vous en douter, il n’a plus aucune preuve à faire. 

La question est maintenant la suivante : comment un rappeur breton de 25 ans et un dinosaure de la musique éléctronique, qui pourrait être son grand-père, se sont rencontrés pour accoucher du son On ira ?

lujipeka x Cerrone : la connexion

Cette connexion part d’une expérimentation de Lujipeka. Ce dernier a posé un couplet sur une boucle instrumentale du son Veridis Quo de Daft Punk, voulant tenter quelque chose de son côté. Il voulait en effet essayer quelque chose en rapport avec la French Touch, mais il était impossible de sortir quelque chose de la sorte, cela pouvait rapidement faire cheap.

L’anecdote ? Figurez-vous que Veridis Quo comporte un sample de Cerrone. La question suivante s’est donc posée : qui d’autre que Cerrone peut faire du Cerrone ? Ni une ni deux, Luji a contacté Cerrone qui a répondu favorablement à sa demande de collaboration.

S’en sont suivies de nombreuses sessions studio où les deux musiciens ont pris le temps de construire un morceau ensemble (à noter qu’un second morceau entre les deux est présent sur un projet de Cerrone), en se prenant la tête pour aboutir à quelque chose de très construit. Pour Lujipeka, il était important d’avoir cette « certification Cerrone » pour son expérimentation musicale.

Luji raconte cela dans son interview « Le Code » avec Mehdi Maïzi que je ne pourrais que vous conseiller.

on ira : le résultat côté instrumental

Pour ce qui est de l’instrumental (qui comme vous l’aurez compris, est le principal enjeu de ce morceau), le défi est pleinement relevé. Lujipeka a fait appel à Cerrone pour que son expérience électro ne fasse pas cheap et il a tapé dans le mille. La connexion musicale entre les deux artistes est totale.

Vous aimez le synthétiseur ? Vous allez être servi. Des synthés de tous rythmes, plus ou moins appuyés, plus ou moins discrets. Certains avec des tempos rapides, d’autres plus lents où la « note ressort un peu plus ». Du synthétiseur qui pourra être subtil, comme omniprésent. Vous l’aurez compris, vous êtes à 99% dans de l’électro. Lujipeka voulait poser sur une prod’ French Touch, il a été servi à merveille par un Cerrone de très haut vol, une fois de plus.

Instrumentalement, ce morceau est admirablement bien construit, avec une impression de crescendo, jusqu’à l’explosion. Si le couplet commencera calmement, avec des notes assez « détachées », la prod va ensuite se renforcer sur le pré-refrain, avant d’exploser sous forme de drop lors du refrain. Vous serez, à minima, obligé de bouger la tête à ce moment précis du son.

Un travail très intéressant a également été réalisé du côté de la voix de Luji, lors de ce fameux refrain. Cette dernière est synthétisée, pour coller encore plus à l’univers musical mis en place pour On ira.

A noter également que Junior Alaprod, beatmaker de renom (ayant notamment travaillé avec Damso, Shay, MHD, PLK, Maes, 13 Block ou encore Lujipeka bien évidemment) est présent sur le morceau, à sa composition. Le trait d’union donc côté instrumentale, entre hip-hop est électro, pour avoir le produit le plus abouti possible.

on ira : le résultat côté plume

Au niveau des paroles (que vous pouvez retrouvez en intégralité ici), On ira entre complètement en phase et en résonance avec le reste de l’album et je n’aurais pas besoin d’écrire 50 lignes pour vous situer le contexte. Comme Lujipeka a pu l’indiquer lors de différentes interviews, l’idée est d’aller de l’avant, de tourner une page, de grandir et potentiellement de rattraper le temps. Pas spécialement de nostalgie et de mélancolie du côté du rappeur rennais. Sans non plus tirer un trait sur son passé (loin de là), le message se veut porter vers l’avenir, même si c’est incertain ou compliqué, comme on peut par exemple le trouver dans le deuxième couplet :

C’est plus facile en descente mais on va remonter la pente
On a rangé les souvenirs de nos adolescences et soufflé toutes les cendres
Même si on oublie rien on va pas s’empêcher d’vivre
On essaie d’aller bien, on veut juste se sentir libre

Et bien évidemment, on retrouve la même idée dans le refrain :

Le meilleur est à venir, on a perdu l’temps
De vivre vraiment
On va combler le vide, on a perdu l’temps
 

Un message simple avec des paroles simples, sans détour, pour une efficacité optimale qui vous fera comprendre sans message caché de quoi il s’agit.

Vous l’aurez compris … STREAMEZ ON IRA !

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